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15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 02:15

                     Uchronie

Cette année par une série de tableaux aussi somptueux les uns que les autres, Lauris a présenté sa Reconstitution Historique.

 

Mais cette année, le thème n’a pas été « ce qui s’est passé « à Lauris depuis la préhistoire mais ce « qui aurait pu se passer ». Ce jeu du « si » avec des hypothèses qui AURAIENT pu se passer, est infini : on peut refaire l’Histoire dans tous les sens de son imagination. Cette manière d’inventer une nouvelle Histoire s’appelle UCHRONIE.

 

Wikepedia que j’ai odieusement pillée nous explique le terme : « L'uchronie est une évocation imaginaire dans le temps. « Uchronie » est un néologisme du xixe siècle fondé sur le modèle d’utopie, avec un « u », négatif et « chronos » (temps) : étymologiquement, le mot désigne donc un « non-temps », un temps qui n’existe pas. En littérature, c'est un genre qui repose sur le principe de la réécriture de l’Histoire à partir de la modification d’un événement du passé. On utilise également l’expression « histoire alternative » (alternate history) ou histoire contrefactuelle. Lorsqu’elle est associée à des moyens techniques qui permettent de remonter dans le temps et donc de modifier le passé, l’uchronie est directement associée au genre de la science-fiction. L’auteur d’une uchronie prend comme point de départ une situation historique existante et en modifie l’issue pour ensuite imaginer les différentes conséquences possibles. À partir d’un événement modifié, l’auteur crée un effet domino (terme anglo-saxon couramment utilisé : effet papillon) qui influe sur le cours de l’Histoire. Cette volonté de changer le cours de l’histoire pour imaginer ce qu’elle aurait pu être rappelle la phrase de Blaise Pascal : « Le nez de Cléopâtre, s’il eût été plus court, toute la face de la terre aurait changé » (Pensées, 90). »

 

En un mot, récrivons l’histoire soit pour nous amuser, soit à des fins propagandistes ! Je préfère – et ce fut certainement le but de Bernadette Genès – la version de l’amusement !! « Maintenant, à cet instant précis de ce roman, toi le lecteur, tu as un rôle actif à jouer et une décision cruciale à prendre : celui de devenir voyeur et donc de tirer sur le fil de la narration quitte à faire face au Minotaure qui te dévorera. Tu peux t’arrêter là en pensant que le périple t’a fourni, l’auteur l’espère, ton lot de frissons intellectuels et d’émotions fortes tout en te livrant des sujets plus que controverses et pétillant de sujets à discussions mais sans oser soulever le voile de ce qui se trame réellement et sans connaître la finalité de l’action du commando. Tu t’en tiendras alors à l’authenticité du fait historique, une cérémonie sans histoire particulière qui se déroula comme prévue. Inutile bien sûr de continuer, la page est tournée et le volume rangé sur une étagère. Tu renonceras de ton plein gré à cette fantasmagorie délirante qui est depuis peu le ballant de l’utopisme : l’uchronisme, mot inventé par Charles Renouvier en 1876. Pour lui cette face cachée mystérieuse de l’histoire qui aurait pu resplendir si . . . l’événement véritable avait eu une fin diamétralement opposée à la réalité. Imaginons si . . Napoléon avait gagné à Waterloo ! Si Louis XIV était mort de la petite vérole à vingt ans comme une partie de sa famille ! Si Hitler avait été tué dans son accident d’auto en 1930 ! Si les Chinois, dans leurs jonques géantes, avaient envahi l’Europe au XIVe siècle ! D’ailleurs Renouvier avait réécrit, l’audacieux, l’histoire contemporaine des derniers mille ans ! Mais surgit, intransigeant, l’autre volet de cette réflexion. L’odyssée, semblable à celle d’Homère, quitte le domaine du document pour sauter dans le royaume de la fiction. Alors tout est possible, c’est la beauté de l’indocile divagation et les épisodes qui suivront passeront du rocambolesque au plus diabolique. Les égarements de l’auteur, selon les effets qu’il recherche, seront sans limite. Dans la littérature des siècles précédents, l’extravagance de l’homme a plongé dans chaque abîme de dépravation du cœur humain. Aucun terrain n’est resté vierge, tous les replis de l’âme ont été fouillés par un esprit à la recherche du fantasme le plus excentrique et le plus pervers. Bien difficile alors de rendre un ouvrage encore plus outrageant que ceux qui s’entassent dans les zones interdites des bibliothèques. Peut-on encore tomber plus bas ? Peut-on être plus sadique que Sade, masochiste que Maso, plus machiavélique que Machiavel ? Comme pour les atrocités, quelqu’un trouvera encore mieux et dépassera de loin les actes déjà perpétrés. Le vingtième siècle est l’exemple même qui démontre que l’homme peut encore aller au-delà de l’insoutenable et qu’il trouvera toujours un adepte pour pousser plus loin la frontière de l’horreur. Alors n’en veuillez pas à l’auteur d’avoir laissé courir volontairement son élucubration et d’avoir ajouté une pierre à l’édifice du Mal. Mais toi, lecteur, tu n’es pas obligé de le suivre sur le chemin de l’enfer. Ta conscience peut te l’interdire, ton devoir peut t’en empêcher. Nulle obligation de continuer sur un sentier fort dangereux lorsqu’il y a tout près le refuge de la décence et l’abri de la moralité. L’épilogue du conflit qui s’élèvera forcément entre la curiosité morbide et vénéneuse qui rôde constamment dans le psychisme de l’homo sapiens et le code de conduite que la société dressera pour pallier les déficiences et défaillances du système psychologique du citoyen, sera seul à juger si tu te cantonnes, lecteur, au conformisme du moment ou si tu rejoins les rangs de ceux qui préfèrent s’enfoncer dans les affres du tourment éternel de l’homme. Le choix est simple : abandonne la lecture sur ces lignes et tu connaîtras la paix de ton cœur et le repos de ton âme ou bien engage-toi plus avant sur la pente glissante des conjectures fatalistes de l’auteur au risque de perdre pied et de te noyer dans la fosse à lisier qu’est l’Histoire. Son complice alors tu seras ! A cette seconde engage-toi dans le tabernacle de l’uchronie ou retire-toi sous le chapiteau de l’utopie ! » Extrait tiré de « Ilkya », le roman historique d’André Girod

 

Alors l’audace a poussé Bernadette à se lancer dans la conjoncture du « si » ! Et voilà le résultat !

 

Scène 1 : Et si Hannibal était passé par Lauris

Lutte implacable entre Rome et Carthage pour la domination de la Méditerranée. La victoire sourit à Hannibal et grâce à la force de frappe de ses quarante éléphants, il va franchir les Alpes après avoir traversé le Rhône au niveau d’Orange. Il arrivait d’Arles après avoir vaincu en Espagne. Il aurait alors passé par Lauris entre Arles et Orange….

 

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Scène 2 : Et si le trésor des Templiers était caché à Lauris

Pour des raisons financières, Philippe le Bel décide en 1307 de supprimer l’Ordre des Templiers et de les faire arrêter. Ces derniers tentèrent de fuir, de se cacher en emportant un trésor inestimable selon la légende. Au XIXe siècle on commence à s’intéresser à cette histoire et chaque village veut une « commanderie de Templiers ». Lauris a la sienne : la ferme Saint-Pierre, anciennement Saint-Pierre de Méjean le devient alors que ce n’était qu’un simple prieuré depuis le XIe siècle. Et si le Trésor y avait été caché !

 

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Scène 3 : Et si Pétrarque était passé par Lauris

Pour retrouver sa Laure ! Francesco Petrarque est né à Arezzo, près de Florence le 20 juillet 1304. Il s’installe à Avignon et rencontre Laure de Noves à l’église Sainte-Claire le 6 avril 1327. Il l’aime d’une passion folle et lui écrit des poèmes rassemblés dans les « Canzionere ». Laure mourut vraisemblablement de la peste en 1348. Réfugié près de la Fontaine de Vaucluse, il resta inconsolable. Il remonte donc la Durance et aurait pu passer par Lauris !

 

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Scène 4 : Et si Benoit XIII était venu à Lauris !

La chrétienté va se trouver divisée à la suite d’un schisme entre Urbain ( à Rome) et Clément ( retourné à Avignon). Pedro de Luna devient le pape Benoit XIII. Mais le roi de France fait assiéger Avignon pour le contraindre à accepter une nouvelle élection. Dans la nuit du 10 au 11 mars, Benoit XIII s’enfuit par le Rhône puis la Durance. Il aurait pu passer par Lauris !

 

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Scène 5 : Et si François Premier était passé par Lauris !

François 1er avait deux ennemis : Henri VIII d’Angleterre et Charles-Quint. Charles-Quint envahit la Provence en 1536 et il entra à Aix et se proclama roi d’Arles. Mais devant la famine due à la terre brûlée pratiquée par ses soldats, Charles-Quint abandonne la Provence. François y revint en 1537 et séjourna à la Tour d’Aigues puis fut accueilli à Cavaillon le 12 décembre. Il aurait pu passer et s’arrêter à Lauris !

 

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Scène 6 : Et si le comte de Grignan avait eu à son service un Laurisien

La Marquise de Sévigné est connue pour sa correspondance surtout avec sa fille qui s’est mariée à Monseigneur de Grignan. Ce jeune soldat de Lauris vient dans son village voir sa mère et peut-être épouser sa dulcinée. Il est accompagné de Madame de Montgobert et de l’intendant d’Angennes. Etienne le militaire va-t-il repartir avec Marie-Luce sa fiancée ? Là est la question !

 

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Scène 7 : et si Napoléon de retour d’Elbe était passé par Lauris

Le 1er mars 1815, Napoléon débarque en France et remonte vers le nord. Mais pour éviter les embuches, il serait passé par Lauris, incognito ( difficile à croire pour lui !). Pourtant il s’arrête dans une auberge où il rencontre un ancien grenadier de ses troupes.

 

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Scène 8 : Et si Prosper Mérimée s’était arrêté à Lauris

Prosper Mérimée, l’auteur de « Colomba » est devenu inspecteur des Monuments Historiques. Il voyage dans toute la France pour rechercher les chefs d’œuvre ignorés et les répertorier. A Cadenet il découvre un sarcophage romain. Que va-t-il trouver à Lauris ?

 

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D'autres photos des acteurs ici et l'article de La Provence

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